L’histoire de la culture du cacao à La Réunion remonte au XVIIIᵉ siècle : les premiers cacaoyers ont été cultivés à partir de 1777, notamment à la plantation de Joseph Hubert à Saint-Benoît. Bien que l’île n’ait jamais connu une culture de masse du cacao, ces débuts témoignent d’un potentiel patrimonial riche.
La filière a cependant été confrontée à de nombreux obstacles : rivalités coloniales, conditions climatiques difficiles, et priorisation d’autres cultures comme la canne à sucre, qui a dominé l’agriculture de l’île. Par exemple, en 1842 on ne recensait que 23 hectares de cacaoyers, face à des milliers pour la canne.
Aujourd’hui, la relance de la filière s’appuie sur la nature insulaire de l’île, les sols volcaniques, l’altitude modérée et les micro-climats, qui offrent un terroir favorable à des cacaoyers de variété criollo — réputée pour ses arômes fins. Le Criollo est l’une des variétés de cacao les plus prisées. Originaire d’Amérique centrale, elle était domestiqué par les olmèques.


criollo cabosse rouge
Ce cacao se caractérise par une très faible amertume, des arômes fins (fruits secs, caramel, noix) et une grande élégance gustative. En revanche, ses rendements sont faibles et l’arbre est plus fragile face aux maladies, ce qui explique sa production très limitée — à l’échelle mondiale, elle ne représente qu’environ 0,01 % de la production totale. À La Réunion, il aurait été importé soit en 1755 par Pierre Poivre, soit en 1759 à travers des plants venus de Pondichéry ; d’autres rapports évoquent des importations par des particuliers.
La filière aujourd’hui : qualité, rareté et engagement
Sur l’île, le cacao est produit en petites quantités, souvent dans des systèmes agro-forestiers mêlant arbres de couverture, cultures intercalaires et préservation de la biodiversité. Cette approche permet non seulement de valoriser un cacao de terroir mais aussi d’inscrire la production dans une démarche durable.
Un projet, nommé "Cacao Péi", lancé en 2015, est né de la volonté de passionnés de valoriser une filière cacao à l’île de La Réunion. L’association s’engage à relancer la culture du cacao criollo, à replanter des cacaoyers d’origine génétique locale et à structurer une production durable, tout en préservant le patrimoine botanique de l’île.

"Cacao Péi", Jardin de Cocagne de Saint-Bernard
Ce positionnement de niche que propose "Cacao Péi" — quantité faible mais qualité élevée — est précisément ce qui attire les amateurs éclairés et les chocolatiers désireux de proposer des origines rares et authentiques, ile produit aujours environ 2 tonnes par années.
Une tablette d’exception signée Ara
C’est là qu’intervient la maison Ara, qui met à l’honneur ce terroir réunionnais en proposant une tablette 100 % criollo, mono-cépage. Cette création est élaborée à partir de fèves de cacao Criollo rouge cultivées à Saint-Benoît, sur l’île de La Réunion.

La tablette se distingue par ses subtils arômes de fruits à coque, par des notes de miel, et surtout par sa douceur, loin des profils amers plus classiques. En transformant ces fèves dans sa manufacture artisanale à Paris, Ara valorise pleinement l’origine réunionnaise — un cacao d’exception venant d’un territoire français d’outre-mer.
Ce produit incarne à la fois une démarche de terroir, un savoir-faire rare, et une filière relancée qui donne vie à un cacao de spécialité, prêt à séduire les amateurs de chocolat fin.
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