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Terroirs du monde : L'histoire de São Tomé, l'île Chocolat

 

L'histoire troublante de São Tomé : entre découvertes et défis
São Tomé, une petite île logée dans le golfe de Guinée, a une histoire riche et mouvementée qui a façonné son développement et sa culture au fil des siècles. Depuis sa découverte par les explorateurs portugais jusqu'à son indépendance, São Tomé a traversé des périodes de colonisation, d'exploitation, de lutte pour son indépendance et de développement économique.

L'histoire de São Tomé remonte au XVe siècle, lors de la découverte de l’île par les navigateurs portugais, menés par João de Santarém et Pêro Escobar, durant leur exploration de la côte ouest de l'Afrique. Ils ont été subjugués par sa beauté naturelle, sa végétation luxuriante et son potentiel agricole. Les Portugais ont rapidement établi une colonie sur l'île et ont commencé à cultiver des plantations de canne à sucre.

Au cours des siècles suivants, São Tomé est devenu un important centre de production de sucre et de café en exploitant le travail forcé des esclaves africains importés en grand nombre. Ces plantations ont prospéré pendant de nombreuses années, contribuant à l'essor économique de l'île et de la métropole portugaise. Cependant, la traite des esclaves et les conditions de travail inhumaines ont laissé des cicatrices profondes dans l'histoire de Sao Tomé. L'île devient tristement un point fort de la traite d'esclaves et "plus de six millions de personnes furent déportées entre le XVIe et le XVIIIe siècles depuis São Tomé" comme nous le rapporte Antonio de Almeida Mendes (Maître de Conférences en histoire moderne de l'université de Nantes). En 1595, suite à une mutinerie menée par un esclave marron et à la croissance de l'industrie sucrière nécessitant des terres toujours plus étendues, les colons furent contraints de déplacer les plantations de canne à sucre depuis São Tomé en traversant l'Atlantique vers la région du Nord-Est brésilien. Le déclin de l'industrie sucrière à  São Tomé a laissé la place au cacao, qui est rapidement devenue la principale culture de l'île. Un age d'or du cacao est ainsi né, propulsant  São Tomé comme l'un des plus grands exportateurs de cacao au monde, et l'économie de l'île en a bénéficié.




Amador, chef de la mutinerie "d'Angolares" de 1595 menée par des esclaves marrons et autoproclamé « roi de São Tomé ». Une insurrection qui a été défaite la même année par les Portugais.


Le commerce du cacao, sucre et café se poursuivit jusqu'au XVIIIe siècle, date à laquelle le Portugal prit officiellement la décision, en 1761, d'abolir l'esclavage au sein de son empire colonial. Cependant, la situation des esclaves sao tomiens ne connu pas d'amélioration et ce, malgré le financement du commerce des matières premières par les institutions bancaires portugaises.

Au XXe siècle, l’histoire de São Tomé prend un nouveau tournant avec le développement des mouvements nationalistes, revendiquant l'indépendance de l'île vis-à-vis du Portugal. Des années de lutte ont finalement abouti à l'indépendance de Sao Tomé-et-Principe en 1975, faisant de l'île la plus jeune nation africaine.
Depuis son indépendance, Sao Tomé a fait face à de nombreux défis incluant des problèmes économiques, politiques et sociaux, notamment la pauvreté, la corruption et l'instabilité politique. Cependant, l'île a également connu des périodes de croissance et de développement, grâce à l'exploitation de ses ressources naturelles, en particulier le pétrole (étape d’exploration).

Aujourd'hui, São Tomé poursuit son développement et souhaite diversifier son économie et améliorer les conditions de vie de sa population en promouvant un tourisme durable. São Tomé conserve ainsi son charme naturel, sa nature luxuriante et son histoire unique.

 



Pico Cão Grande de São Tomé « pic du grand chien », tristement encerclé par une exploitation d'huile de palme moderne.
 


L'île Chocolat
L'histoire du cacao à São Tomé remonte au XIXe siècle (1850). Après le déclin de l'industrie sucrière, les planteurs se sont tournés vers le cacao comme nouvelle culture commerciale, importée en 1850 par les portuguais de Bahia (Brésil). Les conditions climatiques idéales de l'île, avec son sol fertile et son climat équatorial, se sont révélées optimales à la croissance du cacaoyer.

Les planteurs ont initié de vastes plantations de cacao, cultivant la variété renommée du Forastero Amelonado. Les fèves de cacao étaient récoltées, fermentées et séchées avant d'être expédiées vers les marchés internationaux. São Tomé est rapidement devenue l'un des plus grands exportateurs de cacao au monde, rivalisant même avec les autres puissances cacaoyères de l'époque comme la Gold Coast” (Ghana) britannique.
 

Coopérative de fermentation de cacao

 


L'essor de la production de cacao à São Tomé est étroitement lié à l'histoire de l'esclavage et de la colonisation. Les planteurs dépendent du travail forcé des esclaves africains pour cultiver et récolter les fèves de cacao dans des Roça (structure agricole qui contrôlait la production). 


Suite à l’indépendance de l’île, l'histoire du cacao à São Tomé a également connu des périodes difficiles. Les fluctuations des prix sur le marché mondial, les conflits politiques et économiques ont eu un impact sur cette industrie. Malgré ces défis, São Tomé a su préserver son héritage cacaoyer et maintenir une production plus rare mais de haute qualité. Aujourd'hui, le cacao reste un élément essentiel de l'économie et de la culture de São Tomé, même si la productivité est bien inférieure à celle  connue lors de son histoire.
 

Au fil du temps, São Tomé a su acquérir une réputation mondiale pour la qualité exceptionnelle de son cacao. Les chocolatiers du monde entier sont friands de ce cacao aromatique au goût unique, sa saveur délicate aux arômes de végétaux et de baies.

 



 Cacaoyer de Porto Alegre au Sud du pays


Présentation des Chocolatiers de l'île 

  • Claudio Corallo
Avec une expérience de 40 ans dans la production de café et de chocolat, Claudio Corallo a travaillé principalement en Afrique, ainsi qu'en Amérique latine, notamment en Bolivie. En 1974, à l'âge de 23 ans il s'est rendu au Zaïre. Après quatre années consacrées à la transformation et à l'exportation du café, il a acquis et développé deux plantations abandonnées dans le centre du pays. En un court laps de temps, la production a atteint 880 tonnes. Ce café d'une qualité exceptionnelle a été exporté et apprécié dans plusieurs pays.

Au début des années 90, la situation politique s'est détériorée au Zaïre, poussant Claudio à étendre son travail à São Tomé et Principe. Son objectif était d'appliquer ses vastes connaissances dans la production du café pour créer un cacao d'excellence. Son plus grand défi était de surmonter l'amertume constante du cacao. Convaincu que celle-ci était en partie due à des défauts dans les processus de production et de transformation, ainsi qu'aux caractéristiques des fruits, Claudio a décidé de créer son propre laboratoire. Ce n'est qu'à travers ses expériences sur le terrain et en expérimentant différents échantillons de cacao provenant de ses plantations à chaque étape de la transformation en chocolat qu'il a pu pleinement comprendre le cacao et identifier les erreurs qui causaient son amertume.
  • Diogo Vaz

Après sa rénovation en 2014, Diogo Vaz a établi une plantation entièrement certifiée en agriculture biologique, en respectant son héritage et un savoir-faire ancestral. Au sein de cette aventure, une équipe passionnée travaille avec dévouement pour faire découvrir ce chocolat unique.

Aujourd'hui, Diogo Vaz est l'un des vergers les plus anciens de l'île. Il s'engage dans des investissements innovants visant à atteindre continuellement l'excellence. Entre les deux saisons de récolte du cacao, l'équipe locale prend soin des arbres, veillant à ce que chaque millésime soit sublimé. Grâce à son histoire, sa passion et son ancrage dans la région, Diogo Vaz a créé un cacao exceptionnel aux arômes uniques.

 


Plantation Diego Vaz au Nord du pays


Source
Natanional Geographic : https://www.geo.fr/histoire/sao-tome-ou-la-terrible-experience-coloniale-du-roi-joao-ii-212583


Universlais : https://www.universalis.fr/encyclopedie/sao-tome-et-principe/2-une-empreinte-portugaise-durable/
 

Barickman, B.J. (1994) ‘“A Bit of Land, Which They Call Roça”: Slave Provision Grounds in the Bahian Recôncavo, 1780-1860’, Hispanic American Historical Review, 74(4), pp. 649–687. doi:10.1215/00182168-74.4.649.
 

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